 | Monsieur Jacques ORBAN Salut Jacques, On s’était connu il y a à peine cinquante ans, depuis cette soirée d’été 76 où tu étais venu à ma rescousse quand j’ai planté mon ‘bolide’ dans le réverbère d’une rue en pente, sombre pas loin de chez toi. Comme le Messie, tu étais venu sur ta Zundap (oui, tu étais encore un étudiant à l’époque) et as jaugé la situation, fort délicate d’ailleurs, car la voiture était encastrée par l’arrière dans le poteau électrique. Le moteur, placé à l’arrière, avait reculé d’un bon 20 cm et était rentré presque dans l’habitacle. C’est à partir de ce moment-là que j’ai pu me rendre compte de ton ingéniosité. Tu n’as rien trouvé de mieux que de solutionner le problème, en attachant un câble métallique d’un bout au moteur et de l’autre, … au poteau. J’ai démarré à fond et petit à petit, le moteur a retrouvé sa place initiale. Et c’est comme çà que j’ai encore pu encore rouler dans cet état pendant deux ans. Mon admiration pour cet étudiant ingénieur s’est avérée justifiée par la suite, tenant compte de ton parcours professionnel où tu excellais brillamment dans ton domaine. On pourrait te reprocher d’une chose peut-être, notre sous-sol terrestre s’est vidé de pétrole plus vite depuis ta présence dans cette entreprise de forage ? Jacques, en ta mémoire, je ferai planter un arbre ou plus précisément un chêne sessile, car il est à ton image, solide, d’un bois précieux où de ses 40 m de haut, tu nous contempleras et nous couvriras de ta bienveillance. Que ton âme repose en paix et elle survolera le canal de Panama, ton projet naissant mais malheureusement inachevé. Ton beau-frère, Dung
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