 | Monsieur Jacques ORBAN En premier lieu, je souhaite présenter mes sincères condoléances à Madame Orban, que je n'ai pas le plaisir de connaître, ainsi qu'à ses enfants et sa famille. 69 ans c'est jeune, beaucoup trop jeune. J'ai un très bon souvenir de Jacques, bref mais intense. Alors que j'étais le général manager du Brésil (1982-1985) pour les opérations de Dowell Schlumberger, je présume son premier employeur, j'avais fait la connaissance de Jacques en Amazonie où il était affecté comme ingénieur, sur un puits de forage, au milieu de cette immense forêt. Il m'avais fait part de son désenchantement, trop static, manque d'activité. Il m'avait montré une étude technique sur un des équipements que nous utilisions. Je trouvais Jacques gentil et positif! J'étais impressionné! Je décidais de le transférer à Catu, un district très actif dans l'Etat de Salvador où il pourrait se développer plus rapidement. Quelque temps plus tard, Jacques doit aller faire une intervention sur un puits avec son assistant Joào. L'équipement est chargé sur une barge étroite que je client nous fournissait, le puis se trouvant dans des "eaux intérieures". Il y avait un remorquage de quelques heures pour rejoindre le puits. Jacques et son aide dorment tant bien que mal sur le haut de l'unité de pompage, au milieu de la nuit, lorsque des vagues soudaines déstabilisent la barge a tel point que l'unité de pompage de 18 tonnes tombe à l'eau ainsi que les deux hommes. Jacques savait nager et arriva après longtemps, à rejoindre la terre ferme. On ne retrouva jamais Joào. Je pense que c'était vers le 25 décembre 1982, car très tard dans la nuit j'ai reçu un appel téléphonique de son manager qui m'expliqua le tragique événement. Dès le lendemain je demandais à Jacques de venir à Rio.. Je voulais lui parler et le débriefer. Nous avons longtemps parlé, Jacques était traumatisé, il ne souhaitais plus continuer. Je lui proposais alors un poste à Saint-Etienne au sein de notre groupe de Recherches et développement, qu'il accepta. Ensuite je le perdis de vue, moi-même partant pour l'Indonésie deux ans plus tard. Ce dramatique incident m'avait beaucoup marqué et au cours des négociations de renouvellement de contrat avec Petrobras (le Total Brésilien...) qui était le donneur d'ordre j'avais exigé que ce type d'opération soit classée "offshore" et que d'autre part, le personnel voyage à l'intérieur du remorqueur et non pas sur la barge et qu'en fin, le capitaine du remorqueur était responsable du port d'un gilet de sauvetage pour tout le personnel à bord. Cette façon d'opérer était hélas courante depuis plusieurs années. C'était un épisode tragique pour Jacques, et je me permets de le relater. J'ai moi-même 90 ans maintenant et ai travaillé 40 ans dans le monde entier. Mon plus profond respect et mes condoléances à tous ses proches. RIP Jacques
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